Histoire des malwares : 1995 - 2005
Internet se généralise. Cette formidable capacité d’échange d’informations et d’interaction entre les ordinateurs est un terreau fertile à la diffusion de virus. Plusieurs attaques massives poussent à une prise de conscience : avec Internet, il faut repenser la sécurité des ordinateurs.
| L’époque des macrovirus Le premier macrovirus polymorphe apparaît en Allemagne avec Hunter.c. Wm.Concept est le premier macrovirus « in the wild » pour Word (virus HyperCard mis à part). Il se présente sous un nom attirant : « That's enough to prove a point. » (approximativement : « c’est suffisant comme preuve ») afin de pousser les utilisateurs à l’ouvrir.
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| Les premiers générateurs de virus apparaissent pour des macrovirus allemands et anglais. Les macrovirus ne se limitent pas à Word, ils visent également les fichiers Excel et AmiPro. Ils dépassent les limites des systèmes d’exploitation et infectent aussi bien les ordinateurs PC que Mac. Laroux infecte le premier les fichiers MS-Excel. Boza est le premier virus au format PE-EXE à infecter les fichiers de Windows 95. Il a été rédigé par Quantum, un membre du groupe des auteurs de virus australien.
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| Les virus deviennent de plus en plus spécialisés et attaquent les points faibles des programmes, des systèmes d’exploitation ou du disque dur. Les premiers scripts mIRC, diffusés à la manière d’un vers entre les utilisateurs de messageries instantanées, font leur apparition. Le premier virus du système d’exploitation Linux fait son apparition.
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| Les Backdoors : nouveaux moyens d’attaque Strange Brew est le premier virus pour Java. Avec Netbus et Back Orifice, les portes dérobées, grâce auxquelles il est possible de surveiller et contrôler à distance l’ordinateur à l’insu de la victime, font leur apparition. Avec Back Orifice, les fonctions de commande à distance peuvent être utilisées à l’insu de l’utilisateur : toutes les caractéristiques d’un trojan. En juin, CIH (Spacefiller, Chernobyl) fait son apparition à Taïwan. Il dispose d’une des charges utiles les plus nuisibles de toute l’histoire des virus. Si sa fonction nuisible est activée (le 26 avril), il écrase le Flash-BIOS et le tableau de partitions du disque dur. Alors, l’ordinateur ne peut plus redémarrer. Sur certaines cartes mères, il faut changer les BIOS ou les reprogrammer. Les données sont cependant perdues, même après la restauration du système. L’auteur, l’étudiant chinois Chen Ing-Hau, n’a pas été poursuivi par la justice. VBS.Rabbit est le premier virus à utiliser l’hôte de script Windows (WSH, Windows Scripting Host). Il est rédigé en langage Visual Basic et s’attaque aux autres fichiers VBS. HTML.Prepend indique qu’il est possible d’infecter des fichiers HTML avec VBScript. |
| L’email, moyen de propagation par excellence Happy99 fabrique une copie à partir de chaque courrier électronique envoyé et l’envoie de nouveau, avec le même texte, le même objet et un ver comme fichier joint en annexe. Il fonctionne également avec les envois Usenet. En juin, ExploreZip se camoufle derrière une archive auto-extractible qui est envoyée en réponse à un courrier électronique entrant. Il se propage à travers les échanges entre réseaux et la négligence d’un utilisateur du réseau suffit à infecter les ordinateurs du réseau. La partie nuisible du virus recherche et efface les programmes en langages C et C++, ainsi que les fichiers Excel, Word et PowerPoint. Pretty Park se propage par le biais des courriers électroniques, mais également de messageries instantanées IRC. Il dispose de mécanismes de protection et de camouflage très efficaces qui empêchent la suppression du ver. Le ver est reconnu comme légitime dès la deuxième exécution de l’outil d’analyse des virus. Parfois même, les outils d’analyse des virus sont bloqués. Une manipulation du registre permet au virus Pretty Park d’être exécuté avant les fichiers EXE. En conséquence, tous les fichiers EXE sont identifiés comme contaminés par les antivirus. En novembre, avec le virus informatique Bubbleboy, il suffit d’ouvrir un courrier électronique (même en mode d’aperçu) pour infecter l’ordinateur. Cette attaque touche les utilisateurs de l’application Microsoft Outlook. Bubbleboy utilise pour cela une erreur dans une bibliothèque de programmes.
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| L’épisode ILOVEYOU marque les esprits Palm/Phage et Palm/Liberty-A sont certes rares, mais capables d'infecter des assistants numériques personnels équipés du système PalmOS. Le ver en script VB ou VBS/KAKworm exploite un point faible dans les scriplets et les typelibs d'Internet Explorer. Comme BubbleBoy, il est diffusé au moment de l'ouverture d'un courrier électronique (même sur l'écran de prévisualisation). Le 4 mai, un courrier électronique intégrant une pièce jointe nommée Love-Letter-for-you.txt.vbs se propage sur les réseaux. Une fois la pièce jointe ouverte, l’ordinateur est infecté (fichiers renommés, base de registrre modifiée, etc.) et le vers « ILOVEYOU » est envoyé par courrier électronique à tous les contacts du carnet d'adresses Outlook de la victime. Le 13 mai, près de 50 millions d’ordinateurs sont infectés à travers le monde. Les dommages auraient été quantifiés à près de 5 milliards de dollars. Les créateurs de ce vers, deux étudiants philippins, Reomel Ramones et Onel de Guzman n’ont jamais été condamnés, car aucune loi aux Philippines ne condamnait l’écriture de virus. En juillet, soit trois mois plus tard, le congrès philippin votait une loi relative à l’écriture de codes malveillants. Après l’épisode LoveLetter et ses multiples variantes, les courriers électroniques sont filtrés au niveau des routeurs de fournisseurs d’accès en fonction des lignes d'objet. Mais déjà de nouvelles techniques voient le jour pour contourner ces protections. Ainsi, en juin, le vers Life Stages génère différentes lignes d'objet et peut donc passer à travers les mailles du filet. En septembre, avec Liberty, les premiers chevaux de Troie pour assistants numériques personnels font leur apparition en Suède. Le virus est transmis lors de la synchronisation avec l'ordinateur PC et supprime ensuite toutes les mises à jour. |
| Code Red attaque la maison blanche Naked est également diffusé par courrier électronique. Il se présente sous la forme d'une animation Flash d'une femme nue. Une fois le courrier ouvert, le virus s'installe et est envoyé à toutes les adresses Outlook. Il supprime également les répertoires Windows et Système, ce qui rend l'ordinateur inutilisable. L'ordinateur ne peut être de nouveau utilisé qu'une fois le système d'exploitation réinstallé. Le 13 juillet, Code Red exploite une erreur de dépassement de mémoire tampon du service d'indexage DLL du serveur d'informations Internet (IIS) de Windows NT, 2000 et XP. Il analyse de manière aléatoire les adresses IP à partir du port standard des liaisons Internet et diffuse un trojan. Entre le 20 et le 27 juillet, tous les ordinateurs infectés et connectés à Internet lancent une attaque par déni de service contre le site de la Maison blanche. La suppression du virus est très chère et engloutit des milliards. Toujours en juillet, SirCam est diffusé sur les réseaux et via Outlook Express et introduit quelques nouveautés. Il veille à ce qu'un fichier EXE soit activé à chaque démarrage de Windows. Il est aussi le premier ver à disposer d'un moteur SMTP intégré. Il peut donc se répandre par lui-même, mais aussi envoyer des données personnelles de l’utilisateur sur un serveur distant. Le 18 septembre, le vers Nimda introduit une nouvelle fonctionnalité dans les dangers. Alors que l’utilisateur devait auparavant exécuter un code par exécution d’un fichier, avec Nimda aucune interaction de l'utilisateur n’est nécessaire pour assurer sa diffusion. Sa propagation se réalise via les courriers électroniques, les dossiers partagés en réseau, la navigation sur des sites Internet infectés ou l’exploitation de failles de sécurité dans Windows IIS. Ce vers infecte aussi les fichiers. En novembre, le ver résidant en mémoire Badtrans utilise une faille de sécurité dans Outlook et Outlook Express pour se propager. Il s'installe en tant que service, répond aux courriers électroniques, espionne les mots de passe et enregistre les frappes au clavier. |
| Le ver MyParty prouve au début de l'année que tout ce qui se termine par ".com" n'est pas forcément un site Internet. Celui qui double-clique sur le lien "www.myparty.yahoo.com" reçoit à la place des photos attendues un ver avec des composants de porte dérobée. Klez exploite les failles de sécurité du programme IFRAME d'Internet Explorer pour s'installer automatiquement à la lecture du courrier électronique. Il se propage par courrier électronique et via le réseau et s’attache aux fichiers exécutables. Le 13 des mois pairs (ou d'autres jours selon les versions), tous les fichiers de tous les lecteurs accessibles sont écrasés. On ne peut restaurer les contenus que par des sauvegardes. En mai, Benjamin est le premier ver à se propager sur le réseau KaZaA. Il s'installe sous différents noms dans le dossier de partage. Sur les ordinateurs infectés, la page d’accueil est modifiée et affiche maintenant de la publicité. Les réseaux P2P basés sur Gnutella ont déjà été infectés. Le ver Lentin se répand via les fichiers .SCR. Ces fichiers ne sont pas seulement des animations d’économiseurs d'écran, mais sont aussi des fichiers exécutables potentiellement dangereux. Comparée à Klez, sa fonction nuisible est limitée. Sa vitesse de propagation n'est pas non plus comparable à celle de Klez. Tanatos alias BugBear détrône Klez de sa place de premier. Le ver se propage par courrier électronique et via le réseau, installe un composant de logiciel espion et envoie les enregistrements de frappes de clavier sur un serveur distant.
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| Internet paralysé par une attaque sur les serveurs Le 11 aout, le virus Blaster apparait. Il se propage très rapidement pour arriver à son apogée le 13 aout (570 000 ordinateurs auraient été infectés). Ce ver se propage de manière autonome sur Internet en utilisant une faille de sécurité au niveau du service RPC/DCOM, pourtant comblé par Microsoft quatre semaines auparavant. Peu après, Welchia (alias Nachi) apparait. Ce vers supprime Lovesan/Blaster des ordinateurs et résoud la faille de sécurité RPC/DCOM. Un vers utile qui augmente toutefois le trafic réseau et qui applique des modifications dans le système sans aucune autorisation de l’utilisateur…
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| L’année de tous les dangers Cabir, le premier virus pour les téléphones mobiles équipés du système d'exploitation Symbian et de l'interface Bluetooth a été conçu par le groupe 29A, connu pour ses virus Proof of Concept. Peu après, le virus WinCE.4Dust.A, premier virus PoC pour Windows CE a été conçu par le même groupe. Bagle est un ver qui se propage par courrier électronique et réseaux Peer to Peer. Ce Mass Mailer qui apparait le 18 janvier est un préalable à une série d’attaques qui se déroulera tout au long de l’année 2004. Les pirates se livrent une véritable bataille, chacun voulant faire encore plus fort que le concurrent.
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| CommWarrior.A, premier vers pour Smartphone Symbian, se propage grâce au système MMS. Il envoie des messages MMS, incluant différents types de textes, comme des logiciels antivirus, des jeux, des pilotes, des émulateurs, des logiciels en 3D ou des images intéressantes, à toutes les entrées du répertoire. |
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